elle marche | Attrapez vos rêves

Dans toute sa beauté, dans toute sa splendeur, elle marche.

Elle ne sait pas vers où ses pas la guident. Elle marche. Elle inspire le paysage, elle ne fait qu’un avec le sol, avec la Terre. Elle marche.
Elle sait qu’il n’y a rien de particulier à savoir, rien de particulier à faire. Juste être là, sur ce chemin.
Juste inspirer et expirer, pour relier son corps à l’énergie du dehors, et offrir au monde son souffle du dedans.

Elle ne pense plus.
Elle ne sait plus comment cela s’est passé, mais un jour, son corps a pris le dessus. Comme un barrage qui aurait sauté, elle est devenue flot d’émotions, de sensations.
Ses pensées sont devenues troubles, épaisses, fuyantes.

A l’intérieur, c’était la tempête.

Les vagues s’écrasaient contre la coque de son cœur, le vent s’engouffrait dans tous ses interstices, les verrous sautaient, et l’eau s’infiltrait méthodiquement dans tout son corps.
Du fond de ses entrailles, elle retrouvait sa moitié engloutie.
Elle a cessé de lutter.
Elle a laissé les choses se faire, sans elle. Ou plutôt, avec elle toute entière.
Alors que la tempête faisait rage, elle sentait une force sauvage et puissante, vibrer dans tout son corps.

Elle s’entendait crier.
Mais ne savait pas d’où cela venait.
Son corps se recroquevillait, s’étirait, s’électrisait.
Mais elle ne savait pas d’où cela venait.
Elle a bien tenté d’endiguer les assauts répétés de la mer qui gronde, mais elle a vite compris que la bataille était perdue d’avance.

Alors elle s’est abandonnée, à demi-inconsciente.
Elle a laissé les vagues cueillir son corps, et l’emporter au large.
Elle a senti l’eau l’envelopper, la puissance des ondes la faire chavirer.
Tantôt elle touchait le fond, le sable écorchant sa peau, tantôt elle remontait au-dessus des flots, la lumière du jour caressant son visage.
Elle ne sait pas combien de temps cela a duré.
1 minute ou un siècle.
Puis elle a ouvert les yeux.

Autour d’elle, un paysage nouveau. Un endroit qu’elle n’avait jamais vu
Et pourtant, elle avait la sensation de le connaître mieux que personne.
Une plage, et la mer, calme.
Au bout de la plage, un chemin.
Elle se lève. Elle marche.

Dans toute sa beauté, dans toute sa splendeur, elle marche. Elle ne sait pas vers où ses pas la guident. Elle marche. Elle inspire le paysage, elle ne fait qu’un avec le sol, avec la Terre. Elle marche.
Elle sait qu’il n’y a rien de particulier à savoir, rien de particulier à faire.
Juste être là, sur ce chemin.
Juste inspirer et expirer, pour relier son corps à l’énergie du dehors, et offrir au monde son souffle du dedans.

 

10 thoughts on “Elle marche”

  1. Merci pour ce texte plein de justesse, de sensibilité…à la fois intime et universel. Il me touche beaucoup. Bonne (re)découverte du paysage et de toi-même 🙂

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